Imaginez une plante que l’on ne trouve nulle part ailleurs sur Terre, nichée au cœur du Parc national Macaya. Une plante qui sent bon, qui pourrait servir en parfumerie, mais qui, il y a quelques années, était au bord de l’extinction. C’est l’histoire d’Amyris apiculata, un arbuste haïtien qui a frôlé le désastre et qui renaît aujourd’hui grâce au travail acharné de scientifiques et de passionnés.

Fleur d'Amyris apiculata Amyris apiculata, une espèce endémique du Parc national Macaya

Une espèce en danger critique (2017)

En 2017, l’alerte est donnée. Amyris apiculata, une plante endémique exclusive du massif de la Hotte et du Parc Macaya, est classée sur la liste rouge des espèces menacées. Son état est alarmant : les scientifiques recensent à peine 250 individus. Pire encore, ces plantes sont stériles : elles ne portent ni fleurs, ni semences. Sans intervention humaine, leur disparition était inévitable.

L’opération sauvetage : l’union fait la force

C’est là qu’intervient une mobilisation sans précédent. Entre 2017 et 2018, avec le soutien technique et financier du BGCI (Botanic Gardens Conservation International), le Jardin botanique des Cayes se lance dans une mission de sauvetage.

La stratégie est double : agir en laboratoire et sur le terrain.

1. La conservation “ex situ” : la course aux semences

2. La production massive et la réintroduction

Un résultat spectaculaire

Aujourd’hui, le bilan est plus que positif. Grâce à ce travail de fourmi et à cette coopération internationale, la population d’Amyris apiculata est passée de 250 à plus de 10 000 individus.

Pourquoi est-ce si important ?

Au-delà du chiffre, c’est toute une partie du patrimoine naturel et culturel d’Haïti qui est préservée.

L’histoire d’Amyris apiculata est une belle victoire pour la nature et une source d’inspiration. Elle nous rappelle que chaque plante a sa place et que, collectivement, nous pouvons inverser le cours des choses.


Article rédigé par William Cinéa